Bruxellisons la police bruxelloise

Jef Van Damme (sp.a) veut que les gardiens de la paix puissent devenir agent de police

Mardi 15 novembre 2016 — Il ressort de tous les chiffres et de toutes les analyses que l'ancrage local de la police bruxelloise est trop limité, ce qui ne favorise pas leur connaissance du terrain et leur ancrage local. Pour améliorer le recrutement de Bruxellois, le député bruxellois et Molenbeekois, Jef Van Damme (sp.a) veut que les gardiens de la paix, qui assument déjà un certain nombre de tâches de sécurité publique, puissent devenir agents de police. À cet effet, il introduit une résolution. 

Le dimanche 13 novembre, nous avons commémoré les atroces attentats de Paris. Bien que l'enquête et la commission d'enquête sur les attentats de Paris et un peu plus tard à Zaventem et dans la station de métro Maelbeek soit encore en cours, il ressort des premiers constats que la collecte d'informations locales et la transmission d'informations pourraient sensiblement être améliorées. Les services de police qui sont bien ancrés et connus localement et qui ont la confiance de la population, sont la meilleure garantie de services de police bien informés et la meilleure garantie contre la radicalisation et le terrorisme.

L'ancrage local de la police bruxelloise n'est pas bon actuellement. À peine 1 agent sur 4 qui travaille à Bruxelles, y habite également. Quant à la diversité au sein de la police bruxelloise, il n'y a aucun chiffre connu. À Anvers, par exemple, seuls 7 % des agents sont issus de l'immigration. Selon Paul Jacobs, ex-commissaire en chef du Comité P, il n'y a quasiment jamais de candidats d'origine étrangère qui s'inscrivent à l'école de police néerlandophone de Bruxelles. Les gardiens de la paix ont justement beaucoup d'expérience sur le terrain, habitent dans le quartier où ils travaillent et le connaissent également par cœur. Toutefois, ils ne parviennent que très exceptionnellement à la profession d'agent de police (anciennement appelés agents auxiliaires, le grade le plus faible au sein du corps de police).

 

Cela fait déjà quelques années qu'il circule une proposition de stimuler l'évolution des gardiens de la paix vers le corps de police en tant qu'agent de police (l'ancien agent auxiliaire). Selon cette proposition, les gardiens de la paix ayant trois ans d'expérience et un avis positif du chef de corps et du bourgmestre bénéficieraient de certaines exemptions pour les tests de l'école de police. Les écoles de police devraient également recruter plus activement ces gardiens de la paix.

Vu la nécessité d'augmenter fortement le nombre d'agents de police à Bruxelles, et d'améliorer l'ancrage local des corps de police, le sp.a veut remettre cette proposition sur la table. Jef Van Damme (sp.a) : « La police bruxelloise recherche des personnes disposant d'une bonne connaissance du terrain qui ont de l'expérience dans les quartiers bruxellois. Nous devons pouvoir faire évoluer les gardiens de la paix, parmi lesquels figurent des personnes disposant de l'expérience nécessaire et des qualités suffisantes, vers les corps de police. Il ne s'agit certainement pas d'une manière pour devenir agent sans formation. Au contraire. Il s'agit ici de personnes très motivées, qui connaissent les quartiers et qui ont déjà trois ans d'expérience en matière de prévention et de sécurité. Ce type d'expérience vaut parfois plus que la réussite à un examen théorique. Nous devons valoriser davantage cette expérience et cette connaissance du terrain.

Tous les chefs de corps et bourgmestres bruxellois sont demandeurs de cette évolution. Ils connaissent mieux que quiconque les besoins en termes de sécurité de leurs quartiers et savent mieux que personne quel genre de personnes sont les gardiens de la paix. Même Rudi Vervoort, Ministre-Président bruxellois, s'est déjà prononcé de manière positive quant à la proposition. Jef Van Damme introduit une résolution sur la question au Parlement bruxellois. Il demande que le Gouvernement fédéral permette, sous certaines conditions, que les gardiens de la paix évoluent vers la fonction d'agent de police et que les écoles de police recrutent plus activement parmi les gardiens de la paix.