La moitié des fonctionnaires bruxellois n'habitent pas à Bruxelles

« Les pouvoirs publics pour les Bruxellois, mais trop peu par les Bruxellois » - Elke Roex (sp.a)

Mardi 21 juillet 2015 — Un peu plus de la moitié des emplois à Bruxelles sont occupés par des navetteurs. Selon les chiffres demandés par la députée bruxelloise, Elke Roex, il semble qu'il en aille de même pour les services publics régionaux. Les choses doivent changer de toute urgence. Les pouvoirs publics doivent donner l'exemple.

Selon les chiffres disponibles, le nombre d'habitants de Bruxelles qui travaillent dans les services publics régionaux semble être de 54,4 %. 

Les scores sont très différents d'un service public à l'autre. Bruxelles Propreté obtient, par exemple, un très bon score avec 70 % des emplois. Mais ceci serait également dû au fait que les travailleurs doivent souvent se lever tôt. La STIB, en revanche, une entreprise publique avec une image de marque pourtant très bruxelloise, obtient un faible score de 54 %. L'administration régionale et la COCOM semblent également obtenir un score très faible avec moins de la moitié de leurs employés. 

Les données de l'IBSA montrent, par ailleurs, que, pour l'administration régionale, cette part est restée quasiment inchangée au cours des 20 dernières années.

« Ceci est problématique pour diverses raisons. Premièrement, Bruxelles est confrontée à des chiffres élevés en matière de chômage et je m'attends à ce que les pouvoirs publics montrent le bon exemple. Si les propres pouvoirs publics n'engagent pas leurs habitants, comment peuvent-ils dès lors escompter que le secteur privé le fasse.  Deuxièmement, les pouvoirs publics doivent refléter leur population pour d'évidentes raisons. À présent, la politique bruxelloise est en grande partie pensée et exécutée par des personnes qui veulent partir le plus rapidement possible dès qu'il est 17h. Pas qu'ils n'effectuent pas du bon travail, mais peut-être cela pourrait-il aller encore mieux avec les habitants qui ont le sens et l'expérience pratique de Bruxelles, et qui ont, en tous cas, un intérêt direct dans la prospérité de notre ville », déclare Elke Roex.

Lorsqu'on examine la répartition entre les différents niveaux de recrutement chez les plus gros employeurs (pas de données de la STIB), on constate qu'il existe, malgré tout, des différences significatives entre les niveaux supérieurs et les niveaux inférieurs, et plus précisément entre les niveaux A (universitaire) et D (enseignement secondaire).

 

« Pourtant, on devrait précisément recruter davantage de Bruxellois dans ces niveaux inférieurs, quelque 65 % des chercheurs d'emploi à Bruxelles n'ont pas de diplôme de l'enseignement secondaire. Et naturellement, il ne s'agit pas de profils difficiles à recruter que l'on doit aller chercher en dehors de la Région. C'est précisément ici que l'on peut faire une différence pour nos habitants », ajoute Elke Roex.

 

Pour les décideurs politiques, les explications les plus fréquentes de ce déséquilibre sont un manque de compétences et de connaissances linguistiques dans la population bruxelloise, mais également du fait que de nombreux Bruxellois déménagent à un moment donné dans une habitation en dehors de la ville. En outre, on affirme que l'on ne peut pas faire de discrimination en fonction du domicile. Selon Elke Roex, il s'agit d'obstacles que l'on peut aborder avec une politique adaptée :

« On peut, par exemple, parfaitement reprendre une exigence dans les offres d'emploi demandant un certain intérêt et proximité de la vie bruxelloise et faire peser suffisamment cette exigence. 

Le Gouvernement doit à présent montrer rapidement qu'il est sérieux et veut employer davantage de Bruxellois dans ses propres services, comme présupposé dans la stratégie 2025. À savoir, faire en sorte que tous les services publics adhèrent à la garantie pour la jeunesse ; que des formations sur le terrain soient proposées ; que l'on stimule l'apprentissage de la deuxième langue nationale et qu'au final, surtout que l'on travaille sur les compétences acquises ailleurs. Le fétichisme du diplôme n'est plus de cette époque. Quoi qu'il en soit, je continuerai à suivre ce dossier de près et publierai un rapport de progression en temps opportun », ajoute Elke Roex.

Elke Roex Députée bruxelloise at sp.a fractie BHG – RVG