Le Bruxellois paie-t-il la conversion du réseau gazier ?

Vendredi 22 décembre 2017 — Prochainement, les réseaux gaziers à Bruxelles seront convertis au gaz hautement calorifique du Qatar, de la Norvège et de la Russie Ceci nécessite d’importantes adaptations, tant pour le réseau de distribution que pour l’utilisateur final. Des adaptations qui ont un coût. Il semble que le Bruxellois devra assumer ces coûts. « C’est inacceptable », estime le député sp.a Jef Van Damme.  

En raison de l’épuisement des gisements gaziers néerlandais à Groningen avec du gaz faiblement calorifique et l’augmentation des tremblements de terre, le Gouvernement néerlandais a décidé de stopper progressivement l’exportation de gaz vers la Belgique. C’est pourquoi tous les réseaux gazier devront être convertis à court terme au gaz hautement calorifique du Qatar, de la Norvège et de la Russie. Cette conversion ne doit pas être faite par l’ensemble de la Belgique. Il s’agit surtout de la province d'Anvers, d’une partie du Limbourg et du Brabant flamand, de l’ensemble de Bruxelles, de Liège et de Charleroi.

Les appareils au gaz de chaque ménage doivent être contrôlés pour vérifier qu’il n’y aura aucun risque lors de la conversion. Tous les appareils belges vendus depuis le début des années 80 sont concernés.

Jef Van Damme (sp.a) : « Je me demande ce qu’il en est pour les appareils plus anciens ? Ou pour les appareils qui n’ont pas été achetés en Belgique ? Les contrôleurs devront donc vérifier dans chaque habitation si les appareils peuvent être convertis. Une activité particulièrement longue et coûteuse. »

Le coût de la conversion s’élève à 200 millions d'euros pour Fluxys pour l’ensemble de la Belgique. Un cinquième sera assumé par Bruxelles, soit 40 millions d'euros. Le gestionnaire de réseau bruxellois, Sibelga, doit débourser 35 millions d'euros pour la conversion du réseau de distribution. La conversion coûte encore 170 EUR de plus par raccordement. Il y a 500.000 raccordements à Bruxelles, ce qui fait un total de 35 millions d’euros. Bruxelles doit donc payer plus de 100 millions d’euros pour la conversion.

Jef Van Damme (sp.a) : «  C'est énorme. Par ailleurs, ne sont pas repris dans ce calcul les coûts de réglage ou de remplacement des appareils. Ceci devra encore une fois être assumé par l’utilisateur individuel. »

L’accord du Gouvernement fédéral prévoit un fonds national pour payer ce surcoût. Le fonds est alimenté par tous les utilisateurs. Mais selon Jef Van Damme, la Ministre fédérale de l’Énergie, Marie-Christine Marghem, refuse depuis des années d’exécuter l’accord du Gouvernement fédéral.

Une autre possibilité est que ces coûts soient compensés via les tarifs des réseaux de distribution.

 Jef Van Damme (sp.a) : « Cette solution se profile car le Fédéral ne fait rien. L’utilisateur individuel à Bruxelles doit donc assumer ces coûts, pas les entreprises, ni les autres régions, mais bien le Bruxellois. Mais il y a une petite lueur d’espoir, non ? Le Gouvernement bruxellois prévoit une intervention pour les clients vulnérables. »