Une 'Semaine contre le harcèlement', ce n'est pas suffisant

Une 'Semaine contre le harcèlement', ce n'est pas suffisant

Fouad Ahidar (sp.a) veut intervenir davantage et plus tôt contre le harcèlement

Mardi 21 février 2017 — Avec la commission Enseignement du Conseil de la Commission communautaire, Fouad Ahidar (sp.a) visite aujourd'hui l'école Saint-Pierre et Saint-Guidon à Anderlecht. L'école fait office d'exemple lorsqu'il s'agit de lutter contre le harcèlement. L'an dernier, l'école a remporté un prix pour sa politique anti-harcèlement. La visite s'inscrit dans le cadre de la «Semaine contre le harcèlement». 

Fouad Ahidar : « Je trouve qu'une semaine de ce type contre le harcèlement est une initiative louable, en attirant à nouveau l'attention sur le harcèlement. Mais je trouve qu'une semaine, ce n'est pas suffisant. Le harcèlement doit attirer l'attention à tout moment. Il y a encore toujours trop de jeunes qui sont victimes de harcèlement : 1 jeune de moins de dix-huit ans sur 20 indique être victime de harcèlement au moins une fois par semaine. Trois pour cent des jeunes sont victimes de harcèlement plusieurs fois par semaine. Plus de 34.500 jeunes sont victimes de harcèlement chaque semaine. Je trouve cela inacceptable ». Fouad Ahidar estime également que février est trop tard pour attirer l'attention sur la problématique du harcèlement : « De nombreux enfants sont victimes de harcèlement dès le début de l'année scolaire. Je pense donc qu'il convient de mobiliser les écoles plus tôt autour de ce thème. » 

Fouad Ahidar demande une politique coordonnée en matière de harcèlement. On peut reprendre certaines aptitudes socioculturelles dans le plan d'apprentissage. Aujourd'hui, le fait que le harcèlement soit pris au sérieux ou non dépend fortement d'une école à l'autre. Et comme on dit, il vaut toujours mieux prévenir que guérir. De nos jours, de plus en plus de jeunes sont harcelés via Internet : un sur dix indique être victime de cyber harcèlement. Fouad Ahidar estime que cela doit devenir une priorité : « Personnellement, j'ai été harcelé pendant des années, mais le cyber harcèlement est peut-être encore plus grave que ce que j'ai vécu, car on peut difficilement le contrôler ».

Le harcèlement laisse de profondes cicatrices, même des années plus tard. Le mal-être dû au harcèlement est souvent lié à des plaintes psychiques, un faible bien-être, de mauvais résultats à l'école, des crises d'angoisse et des explosions de colère. Les victimes de harcèlement ne se font pas facilement des amis. Les enfants et les jeunes victimes de harcèlement, sont beaucoup plus angoissés et souvent dépressifs. Ce qu'on sait moins, c'est que non seulement les harceleurs, mais aussi les jeunes victimes de harcèlement courent un plus grand risque de tomber dans la criminalité.

L'an dernier, Fouad Ahidar a organisé un événement autour du harcèlement. À l'époque, les experts Gie De Boutte (U Antwerpen et UC Leuven-Limburg) et Benoît Galand (UCL) ont formulé quelques recommandations à l'époque.  Ainsi, en tant qu'adulte, il ne faut pas minimaliser ni se moquer. Fouad Ahidar : « Il est important d'écouter le récit de la victime de harcèlement. Je sais de quoi je parle. Encore plus grave que le harcèlement, il y a la solitude. Le sentiment que je ne pouvais raconter mon histoire à personne. »

Selon Fouad Ahidar, l'école et les parents doivent être partenaires dans la lutte contre le harcèlement : ils rédigent ensemble des règles et des sanctions. Par ailleurs, l'accent doit être mis sur la récompense de l'attitude positive et il ne faut pas agir de manière pénalisante. En outre, les enfants se voient confier la responsabilité de lutter contre le harcèlement. Les professeurs peuvent être formés pour détecter les signes de harcèlement. La cour de récréation peut être aménagée différemment, de sorte qu'il n'y ait plus de recoins où il n'y a aucune surveillance.

En novembre, Fouad Ahidar a témoigné à propos des années où il a été victime d'harcèlement. Vous pouvez lire son témoignage en cliquant ici.

Fouad Ahidar
Fouad Ahidar

député bruxellois sp.a

sp.a fractie BHG – RVG